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Producteurs de
quinoa vendu sur le marché du commerce équitable en
Équateur
Le commerce équitable est un ensemble de réseaux de distribution de produits de consommation de pays du Tiers-monde qui obéit à des conditions considérées comme pouvant améliorer, si possible durablement, la situation des producteurs qui y adhèrent.
Il est issu de mouvements de citoyens attachés aux principes de l'autogestion et solidaires envers les populations du Tiers monde. Les Américains sont les premiers, avec Thousand Villages et SERRV, à se lancer dans le commerce équitable dès la fin des années 1940. L'Europe fait ses premiers pas à la fin des années 1950 avec OXFAM qui commercialise de l'artisanat fabriqué par des réfugiés chinois, et crée en 1964 la première organisation de commerce alternatif (ATO). En 1968 à New Delhi, la deuxième conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), marque la mémoire collective lorsque des dirigeants des pays dits du "Sud" réclament du commerce, pas de la charité par le slogan « Trade, not Aid », laissant dans son sillage des initiatives toujours plus nombreuses.
Artisans du Monde est à l'origine du mouvement français de commerce équitable. Émergeant dès 1970-1971, il est étroitement lié aux actions menées par l'Abbé Pierre pour venir en aide au Bangladesh, à travers la création de comités de jumelages (U.CO.JU.CO) et de « boutiques Tiers monde ». En 1974, une des premières boutiques Artisans du Monde ouvre à Paris, au 20 rue Rochechouart. Divers événements (le boycott de la marque sud-américaine d'oranges d'Afrique du Sud et le soutien à la population chilienne) provoquent la scission entre les fondateurs historiques issus d'Emmaüs et UCOJUCO, plus caritatifs et modérés, et les jeunes tenants d'une approche politique du tiers-mondisme. Le mouvement poursuit son développement. La deuxième période historique d'Artisans du Monde (1977-1983) est marquée par la création de centres de documentation sur le tiers-monde et d'une fédération nationale. En 1984, la centrale d'importation Solidar'Monde (alors nommée Fam'Import) est créée.
Bien que le commerce équitable renvoie à des réalités propres à chaque pays, le partage d'une conception identique du développement et de l'économie mondiale facilite la réalisation d'actions communes. En 1994, 15 associations nationales de 13 pays européens se regroupent au sein de NEWS! (Network of European World Shops). Au total, cela représente :
- plus de 3 000 associations locales animées par près de 100 000 personnes (essentiellement bénévoles).
- 250 millions d'euros de chiffre d'affaires réalisé en 1999.
- 400 groupements de producteurs bénéficiaires dans 50 pays du "Sud", soit environ 800 000 familles (5 millions de personnes).
Les objectifs annoncés [modifier]
" Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète. Les organisations du commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s’engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel."
La définition de référence la plus communément acceptée est internationale et a été élaborée en 2001 au sein de FINE, groupe de travail regroupant les quatre structures internationales de commerce équitable (FLO, IFAT, NEWS, EFTA)[1].
Les dimensions présentées [modifier]
Les promoteurs du commerce équitable considèrent que celui-ci doit son originalité à la complémentarité et l’indissociabilité de plusieurs dimensions :
- Une dimension socio-économique : des échanges commerciaux équitables poursuivant le double objectif de soutenir des petits producteurs des pays les plus pauvres ainsi que de permettre une alternative de consommation pour les citoyens au Nord.
- Une dimension éducative : participer au développement d’un regard critique sur le commerce et la consommation par l'information et la sensibilisation et l’éducation, parce qu'il faut comprendre pour agir
- Une dimension politique : des actions de plaidoyer sont menées dans le but de sensibiliser les citoyens ainsi que de faire pression sur les décideurs politiques et économiques pour changer les règles du commerce international conventionnel.
Le commerce équitable justifie son existence en citant l'article 23 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme : « Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine. »
La démarche du commerce équitable va donc au-delà d'un échange commercial différent permettant une meilleure rémunération des producteurs et par là même, leur développement économique. Elle insiste sur le fait que les organisations de commerce équitable, relayées par les consommateurs, soutiennent les organisations de producteurs, sensibilisent le grand public et mènent des campagnes visant à modifier les règles et les pratiques du commerce international conventionnel[réf. nécessaire] .
Apparition et évolution du commerce équitable [modifier]

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(Cf. (de) l'article de la Wikipédia allemande sur l'histoire du commerce équitable ou paragraphe de la Wikipédia allemande sur l'histoire du commerce équitable)
Le commerce équitable est apparu au début des années 1960 simultanément en Europe (Oxfam) et en Amérique du Nord (SERVV). Mais ce n'est que depuis une quinzaine d'années qu'il s'est véritablement développé : il connaît depuis la fin des années 1990 une période de très forte croissance.
Si le nom de commerce équitable était connu de 9 % des français en 2000, ce chiffre atteignait 74 % en 2005 (enquête Ipsos).
En 2006 au Québec, les ventes ont augmenté en moyenne de 55 % chaque année, depuis 5 ans [2]. La part du marché est de 2 à 3 % au Québec et de 1 % au Canada.
État des lieux du commerce équitable
Le commerce équitable représente une part très marginale du commerce international. On estime que les échanges équitables bénéficient à 1,5 millions de producteurs dans le monde. Il est devenu le marché qui connaît la croissance la plus rapide au monde. L’Europe représente à elle seule près de 60% du marché du commerce équitable mondial et a enregistré en 2005 un chiffre d'affaires de 660 millions d’euros, soit + 154% en cinq ans réalisés dans 79 000 points de vente, dont 55 000 supermarchés. La Suisse et le Royaume-Uni sont en tête avec des parts de marché significatives : 47% du marché des bananes en Suisse, 5,5% du marché du Café au Royaume-Uni. Les magasins spécialisés en commerce équitable sont au nombre de 2 800 et rassemblent 100 000 bénévoles.
Vu de France Selon le sondage Pèlerin-CCFD / TNS-Sofres publié le 20 avril 2006, 42% des français déclarent avoir acheté des produits « équitables » au cours des douze derniers mois. Le Ministère des affaires étrangères, la Direction Générale de la Coopération Internationale et du Développement (DGCID) et Altervia Consulting ont réalisé, en collaboration avec la Plate-forme française pour le commerce équitable, « L’état des lieux de l’activité économique du commerce équitable en France en 2004 ». Publiée en mai 2006, cette étude estime la croissance du secteur pour 2003/2004 à 103% (83% pour la grande distribution et 115% pour les autres acteurs) et à 38% l’augmentation du nombre de références de produits. Le chiffre d’affaire global, alimentaire et non alimentaire, s’élèverait à 230 millions d’euros. http://www.artisansdumonde.org/histoire-commerce-equitable-adm.htm]
Le commerce équitable, l'origine du mouvement [modifier]
Le commerce équitable est aujourd'hui l'objet de beaucoup d'attention compte tenu de son potentiel de développement dans notre économie mondialisée. Ce n'est pas pour autant un concept nouveau.
Le commerce équitable existe depuis 40 ans. Appelé au départ "commerce alternatif", il a été progressivement mis en place par des ONG dans les années 60 en Grande-Bretagne (Oxfam) et aux Pays-Bas sous forme de boutiques spécialisées. Rapidement, ce concept s'est étendu en Europe et en Amérique du Nord. En France, il est représenté par Artisans du Monde.
Ces boutiques spécialisées, "alternatives" au commerce traditionnel, proposent des produits alimentaires et artisanaux provenant des pays du "Sud". Elles appuient d'une façon significative les organisations de producteurs et d'artisans en leur ouvrant des marchés et en payant les produits à un prix jugé équitable. Ces boutiques sont également l'occasion d'informer le public sur la réalité de vie des producteurs du "Sud" et les enjeux des relations "Nord-Sud".
Les producteurs du Commerce équitable
Le commerce équitable bénéficie à 1.5 millions de producteurs dans le monde. Artisans du Monde et sa centrale d’importation Solidar’Monde collaborent avec plus de 60 groupes d'artisans et une cinquantaine d'organisations paysannes situés dans 42 pays en Asie, en Afrique et en Amérique Latine.
Les producteurs sont, avec toute la prudence liée à ce type de classification :
1 des paysans organisés : certains sont de petits propriétaires (producteurs de cacao en Bolivie) d’autres sont des ouvriers comme par exemple dans des plantations de thé en Inde ;
2 des artisans très pauvres, vulnérables et marginalisés socialement, économiquement et politiquement (intouchables, femmes seules, handicapés etc.). Peu qualifiés, ils se sont organisés, souvent avec l’appui d’organisations de commercialisation au Sud. Ainsi au Népal, l’organisation ACP travaille avec plus de 800 artisans habitant dans des villages isolés.
3 des artisans professionnels, souvent qualifiés et propriétaires de leurs outils de production.
Les organisations partenaires s’inscrivent généralement dans un mode de production qui contribue à la concrétisation d’un développement durable. Les organisations de producteurs sont souvent liées à une organisation exportatrice du Sud, appelée « organisation faîtière » qui assure pour les plus marginalisés une fonction d’appui à l’organisation et à la commercialisation.
A. L'enjeu spécifique de l’artisanat
C’est parmi les producteurs d’artisanat que l’on retrouve les communautés les plus marginalisées et les plus dépendantes de la filière commerce équitable. Pour eux, la vente à l’exportation (quand le marché intérieur est peu ou pas existant) est fondamentale, même si de plus en plus d’organisations du Sud développent des débouchés locaux (vente en gros ou dans des magasins). Dans bien des cas, cette activité est la seule génératrice de revenus et permet à certaines familles d’échapper à l’exode rural. L’artisanat constitue donc un levier important pour agir concrètement en faveur du développement des communautés du Sud, tout comme il est un moyen de valoriser la culture et les savoir-faire locaux. Seuls les magasins spécialisés, comme Artisans du Monde, proposent des débouchés à ces artisans, le volume de leur production ne pouvant permettre un référencement dans les grandes et moyennes surfaces.
B. L'enjeu du commerce équitable pour les femmes
Parmi les 1.5 milliard de personnes qui vivent avec 1 dollar par jour ou moins, on trouve principalement des femmes. Alors que ces dernières fournissent deux tiers des heures totales de travail, elles ne gagnent que 10% du revenu mondial et ne possèdent que 1% des terres attribuées. Principales victimes des effets négatifs de la mondialisation libérale, les femmes des pays pauvres subissent de plein fouet les conséquences des politiques d’ajustement structurel ou pâtissent de conditions de travail de plus en plus dégradées dans les industries des zones franches. Le rôle majeur qu’elles occupent dans le maintien de la vie et la cohésion sociale reste invisible, les indicateurs actuels de richesse ne reconnaissant pas les productions domestiques. C’est parce que le commerce équitable soutient les populations vulnérables et marginalisées et qu’il intègre dans ses critères la promotion et le respect de la femme que près de 80% des producteurs sont des femmes. Ces dernières, bien qu’exerçant une activité artisanale, se distinguent pourtant des artisans professionnels. Les chiliennes de la Fondation Solidarité ne savaient pas fabriquer d’arpilleras en 1973, les artisanes de Ramahaleo à Madagascar ne savaient pas couper ni confectionner. Pour certaines d’entre elles, majoritairement les femmes seules avec enfants, le commerce équitable est leur seul revenu possible en dehors de la mendicité.
C. L'impact du commerce équitable
Une étude menée par Artisans du Monde en 2001 auprès de 16 organisations ( représentant plus de 500 producteurs) a révélé des effets positifs sur les producteurs, qui vont bien au delà d'une rémunération supérieure permise par un "prix juste".
L'étude compète est disponible sur notre site (www.artisansdumonde.org). En voici la synthèse.
L’accès à un métier
Handicapés, intouchables, femmes, de nombreuses personnes n’ont pas ou rarement accès à des activités professionnelles et donc à un revenu. La rareté du travail et l’incompatibilité avec leur situation ou leur niveau de qualification entraînent des situations de pauvreté voire d’extrême pauvreté et d’exclusion sociale dans les familles les plus démunies (ménages monoparentaux, veuves…). Un des changements fondamentaux que permet le commerce équitable est de fournir à ces personnes un métier, une activité rémunérée et compatible avec leur situation : le travail à la tâche à domicile permet de concilier activité productive et activité domestique par exemple. La rémunération obtenue est généralement supérieure ou égale aux rémunérations dans d’autres activités (agriculture par exemple) ou dans la production artisanale pour le marché local.
La possibilité de prendre en charge le minimum vital
Ce revenu leur permet ainsi de prendre en charge une partie des dépenses de première nécessité alimentation, habillement, logement, et souvent scolarisation des enfants. L’accès des femmes à un revenu a un impact tout particulier sur leur famille, ces dernières étant le plus souvent en charge de l'économie domestique. Grâce au commerce équitable, les productrices pourront développer une agriculture de subsistance et assurer la sécurité alimentaire de toute la famille. Tel est le cas de Firoza, employée par l’organisation Jute Works au Bengladesh : « Depuis que je fais partie de Jute Works, j’ai pu gagner assez d’argent pour acheter des terres afin d’y cultiver du riz pour notre famille. J’ai participé à une formation pour élever des veaux. J'ai acheté deux bœufs et un char à bœufs pour aider mon mari dans son travail ».
Un nouveau marché permettant d'investir
Grâce au commerce équitable, les producteurs exerçant déjà une activité accèdent à un marché leur permettant de diversifier et d'augmenter substantiellement leurs revenus, au lieu de dépendre d’un écoulement local souvent aléatoire ou d’intermédiaires rarement bien organisés. Ces artisans, ayant déjà les ressources nécessaires pour assurer leur minimum vital, sont alors en mesure d’investir les revenus du commerce équitable. Cela leur permet de se développer, de se diversifier et ainsi de maintenir et développer un tissu de producteurs artisanaux. De nouvelles compétences Produire pour le commerce équitable suppose de s’adapter aux conditions du marché à l’exportation : respect de cahiers des charges, adaptation à de nouveaux modèles. Des formations viennent renforcer des compétences techniques et d'organisation. Les employées la Coopérative des Femmes de Marrakech ont ainsi bénéficié de formations commerciales, linguistiques et informatiques. Le commerce équitable permet également aux producteurs d’avoir accès, dans le cadre des programmes socio-éducatifs développés par leur organisation, à des cours d’alphabétisation, d’éducation sanitaire.
La valorisation de soi
De nouvelles compétences techniques, des revenus augmentés, des commandes régulières, des contacts avec des personnes extérieures au milieu, des produits qui sont exportés en dehors du pays…Tous ces éléments contribuent à la reconnaissance, à la valorisation des producteurs. Le commerce équitable - à travers la possibilité d’exercer une activité économique reconnue - contribue à leur reconnaissance sociale et permet d’induire des changements de comportements dans les ménages et la société. Les femmes passent d’une condition de mère au foyer dépendant du mari et de son revenu à celle d’acteur économique recevant directement un revenu et pouvant décider de son utilisation, même minime. Les femmes du Panjora Mahila Shomitee, Bengladesh, qui produisent des objets en jute, ont expliqué l’impact de ce revenu sur leur relation avec leur mari : « Avant, on demandait 2 takas (0.04 €) aux hommes, maintenant il arrive qu’ils nous demandent de l’argent », sur leur capacité à agir, « les femmes sortent elles-mêmes pour acheter leurs saris » et sur leur statut, « le divorce unilatéral par répudiation ne se fait plus dans le village ».
Le développement de liens sociaux
Ces organisations amènent leurs membres à sortir de leur réseau de relations familiales pour se constituer des réseaux plus larges autour d’enjeux nouveaux, les amenant là aussi à développer de nouvelles compétences de gestion, de négociation, de médiation.
D. Portraits de producteurs
La Fondation Solidarité au Chili pénètre le marché local Créée après le coup d’état de 1973, la Fondation a aujourd’hui un chiffre d’affaires de 300 000 € dont 60 % dans le commerce équitable. Elle emploie sept salariés et travaille avec 84 ateliers qui regroupent 449 producteurs. La Fondation a complété son action en cherchant à pénétrer le marché local par une requalification et une redynamisation de ses ateliers. Cette stratégie lui a permis de gagner des appels d’offres du Ministère de l’éducation pour la production de poupées sexuées (destinées aux cours d’éducation sexuelle) et de jeux pour les enfants. Cette politique donne à ses ateliers un accès à de nouveaux marchés et amène les producteurs à développer de nouvelles techniques et de nouveaux savoir-faire.
Au Burkina Faso : des handicapés qui jouent leur rôle dans leur famille Le centre des handicapés de Koupela produit des objets en cuir et des tissages qui sont commercialisés essentiellement dans le réseau Artisans du Monde. Les membres du centre témoignent de la possibilité qu’ils ont eu de travailler, produire et gagner un revenu qui leur permet d’exister. La majorité des membres du centre ont pu se marier, avoir des enfants et assumer les charges de leur famille. Ce qui, disent-ils, « n’a pas de prix ».
Au Népal, des intouchables innovent A Palpa, l’Association des producteurs d’artisanat est en contact avec une entreprise créée par des intouchables, qui produit des objets en cuivre, production traditionnelle de la région. ACP les appuie dans la recherche d’innovations techniques, comme l’association de matériaux, pour mieux s’adapter au marché. C’est ainsi qu’ils innovent sur le plan des techniques et du design.
L'IFAT (International Federation of Alternative Trade) retient les critères suivants :
- création d'opportunités pour les producteurs économiquement défavorisés
- transparence et responsabilité
- construction de compétences
- promotion du commerce équitable
- juste prix
- égalité homme-femme devant le salaire, le travail, le poste selon la compétence, etc.
- conditions de travail
- respect du droit des enfants
- protection de l'environnement
Productions du commerce équitable [modifier]
À l'origine, les magasins de commerce équitable comme Artisans du Monde touchait essentiellement à l'artisanat et au textile. Puis la gamme de produit s'est peu à peu diversifiée. Outre les textiles et l'artisanat, de nombreux autres produits font aujourd'hui l'objet d’un commerce équitable comme le café, qui est devenu le produit équitable le plus vendu. Ces produits sont maintenant pour la plupart, des produits d’alimentation. Mais l'industrie alimentaire n'est pas la seule à connaître cette évolution. L'habillement, en réaction aux conditions de vie des producteurs de matières premières, notamment de coton et en réaction aux conditions de travail dans la confection de vêtements, fait l'objet de nouvelles formes d’échange. La mise en place d'une "garantie" équitable pour le coton, par Max Havelaar, en avril 2005, a contribué à la mise en place de produits de mode issus du commerce équitable. D'autres initiatives, indépendantes de la marque, ont également vu le jour dans la mode. Parmi les pionniers de la mode équitable se trouvent les vêtements Ideo ou encore les baskets Veja. Les engagements sociaux de ces nouvelles marques, souvent associés à des préoccupations environnementales fortes concernent la production des matières premières, leur transformation (filage, tissage) et leur assemblage.
Liste non exhaustive des produits de commerce équitable [modifier]
Produits alimentaires [modifier]
- Cafés
- Thés
- Chocolats
- Riz, pâtes, quinoa, niebe, haricots secs, champignons séchés
- Jus de fruit : jus d'orange, jus d'ananas, jus de pamplemousse, ...
- Fruits frais : banane, mangue, orange, avocat
- Fruits secs : mangue, ananas, raisins, dattes, ...
- Sucre
- Produits alcoolisés : vin, bières, rhum, vodka
- Épices : vanille, poivres, cannelle, curry, ...
- Confitures : de mangue, de banane, de noix de coco, de citron vert, d'orange...
- Barres aux céréales
- Pâtes à tartiner
- Biscuits
- Graines et noix : cajou, sésame, noix d'amazonie, ...
- huile d'olive, vinaigre
Produits artisanaux [modifier]
Matière première non alimentaire [modifier]
Les principes du commerce équitable [modifier]
L'idée du commerce équitable repose sur la valorisation auprès des consommateurs des atouts dont disposent les petits producteurs, en particulier sur la qualité de leur produit. Il tend également à essayer de s'affranchir le plus possible des intermédiaires. Il n'est en cela pas éloigné de la labellisation et de la recherche de circuit courts pour certaines productions agricoles ou artisanales, notamment en France dans le domaine de l'agriculture biologique.
Il fait également appel à la conscience du consommateur en cherchant à l'intéresser dans son acte d'achat non seulement à la qualité intrinsèque du produit mais aussi aux conditions de production et de vente et à leurs conséquences sociales et environnementales.
Concrètement, les principales idées ou règles du commerce équitable sont :
- Une relation la plus directe possible entre producteurs et consommateurs, en réduisant les intermédiaires et en s'affranchissant des spéculateurs ;
- La pratique d'un juste prix pour le producteur : « Chaque personne doit pouvoir vivre dignement de son travail » ;
- Dans le cas où les producteurs sont des salariés : le respect des conditions de travail correspondant au minimum aux normes internationales du Bureau international du travail ou du pays si celles-ci sont supérieures ; le respect du droit d'association ; l'interdiction du travail forcé ;
- L'autorisation d'un financement partiel avant la récolte (au taux minimal de 60 %) si les producteurs le demandent ;
- L'établissement de relations et de contrats à long terme, basés sur le respect mutuel et le respect de valeurs éthiques.
Il s'agit là d'une base minimale, traduite en critères de labellisation par les organisations de commerce équitable. D'autres critères sont possibles, dits de « progrès », en vue de garantir le développement durable des groupes de producteurs ou de salariés. Ils peuvent concerner leur organisation ou leur regroupement en coopératives de production. Une « prime de commerce équitable » est versée au groupe de producteurs par l'importateur et gérée collectivement par eux pour la construction d'écoles, les structures de santé, ou bien l'amélioration de la productivité et la conversion à l'agriculture biologique.
Le produit équitable plus cher ? [modifier]
Selon ses défenseurs, le produit du commerce équitable ne devrait pas nécessairement être plus cher qu'un produit conventionnel. Seule la répartition des coûts et des bénéfices change. Le surcoût payé aux producteurs serait compensé par le moindre coût payé aux intermédiaires. En réalité, on constate généralement un prix un peu plus élevé, dépendant principalement des volumes distribués.
En supposant égale par ailleurs la qualité des produits (bien que le commerce équitable mette en avant une meilleure qualité du produit), le surcoût serait essentiellement lié à la meilleure rémunération du producteur. Le facteur est de l'ordre de 1 à 2,5 soit 0,58 euro contre 0,19 pour un paquet vendu au consommateur 2,93 euro.
Il est certain alors que l'on demande au consommateur de faire un choix éthique (voir ci-dessous) en acceptant de payer ce surcoût, peut-être d'ailleurs en diminuant le volume de sa consommation.
Le consommateur penserait assumer ainsi la responsabilité d'un meilleur équilibre des rapports "Nord-Sud" et, dans certains cas, d'une action en faveur de l'environnement, comme ce peut être le cas pour l'agriculture biologique.
Les critiques adressées au commerce équitable [modifier]
Le commerce équitable a aussi des détracteurs.
Certaines critiques[réf. nécessaire] considèrent que l'expression est méprisante pour le reste du commerce en laissant supposer a contrario qu'il serait inéquitable. Ce à quoi les partisans répondent qu'effectivement le reste du commerce mondial est loin d'être équitable, certains vont même jusqu'à dire que le commerce équitable ne devrait pas s'appeler le commerce équitable mais le commerce "un peu moins inéquitable".
Compte tenu de son faible développement actuel il ne menace pas vraiment les grands groupes, bien que ceux-ci commencent à vouloir utiliser son image en lançant aussi des labels ou des marques.
Les critiques proviennent entre autres des milieux altermondialistes eux-mêmes comme par exemple l'ouvrage Les coulisses du commerce équitable de Christian Jacquiau. Le commerce équitable contribuerait à masquer ce qu'ils considèrent comme un problème : la réduction de la part de l'agriculture vivrière au profit des cultures d'exportation, ce qui rendrait dépendantes des achats du Nord des populations qui pourraient développer leur souveraineté alimentaire indépendamment des habitudes de consommation des pays dits « riches ». De plus, même dans le cas du commerce équitable, on voit que la part qui revient au producteur reste minime dans la décomposition du prix du produit final.
Des détracteurs doutent de la bonne foi de certains labels de commerce équitable en arguant de la réalité des prix, bien en-deçà de l'équivalence escomptée, laissant supposer que ces nouveaux intermédiaires prélèvent autant que les autres qu'ils décrient et qu'ils cherchent à concurrencer. Ils déclarent également que le « commerce équitable » n'est qu'un argument de vente comme un autre et qu'il constitue une « niche » commerciale supplémentaire qui permet de différencier un produit d'un autre aux yeux du consommateur final. Selon Christian Jacquiau, Max Havelaar est l'exemple même de ce type de commerce équitable « marketing », contrairement à d'autres branches du commerce équitable comme Minga plus respectueuse des principes de ce genre de commerce.
D'autres enfin rappellent qu'un des principes du commerce est l'adéquation entre la quantité produite et les besoins des consommateurs, les prix n'étant qu'un moyen. Si les prix d'un bien sont en baisse, la véritable raison en est la surproduction. Le commerce équitable, tel qu'il se développe actuellement c'est-à-dire en se focalisant sur des produits déjà présents en grande quantité sur le marché mondial, ne ferait qu'encourager les producteurs dans la voie de la surproduction[3].
Il ne faut pas oublier que le commerce équitable a été pensé par des Européens mais qu'il doit s'appliquer à des pays du tiers-monde. Un des problème du commerce équitable est donc son application concrète qui est souvent difficile à mettre en place.
Certains c